Promouvoir l’appartenance: Communautés virtuelles

Pour beaucoup d’entre nous, il est difficile de comprendre les défis auxquels font face les jeunes vivant en famille d’accueil. Après tout, la majorité d’entre nous jouissent de l’amour et du soutien non seulement de leurs parents, mais de vastes réseaux.

Votre mère vous a peut-être appris à conduire un vélo, et une tante à faire la soupe au poulet selon la recette familiale. L’ami de votre père peut vous avoir aidé à décrocher votre premier emploi.

Lorsque vous avez eu 19 ans, ces réseaux de soutien ne se sont pas effrités. Mais malheureusement, pour de nombreux enfants de la Colombie-Britannique qui vivent en foyer d’accueil, il n’y a pas beaucoup de formes de soutien pour faire la transition entre l’adolescence et la vie adulte. Lorsqu’un jeune de 18 ans en foyer d’accueil atteint ses 19 ans, bien des gens importants dans sa vie doivent commencer à travailler avec un autre enfant.

« Si les personnes importantes avec lesquelles vous êtes en rapport dans votre vie sont [nombreuses à être] payées pour ces rapports… la possibilité bien réelle que ces rapports cessent à votre 19e anniversaire est un coup dur, affirme Mark Gifford, directeur du programme Fostering Change. C’est comme si vous plongiez dans le vide, au lieu de faire une transition graduelle. »

Le programme Fostering Change est une initiative de la Vancouver Foundation qui offre des subventions à des services communautaires œuvrant auprès des jeunes afin d’aider ceux-ci à faire la transition après leur vie en foyer d’accueil. Ce programme investit aussi dans la recherche et l’orientation des politiques publiques. L’objectif général est d’aider à susciter de véritables changements dans les politiques provinciales.

Quel est le meilleur moyen de rejoindre les jeunes qui veulent apporter leur appui à une cause? Le numérique.

L’organisme a préparé une pétition en ligne et utilisé Twitter et Facebook pour commencer à passer le mot et obtenir des appuis. Puis des bénévoles, armés de iPad, se sont aventurés dans les rues de Vancouver pour demander aux gens d’ajouter leur signature électronique.

Lorsque suffisamment de gens eurent signé la pétition en donnant leur profil dans les médias sociaux, les données ont été assemblées pour savoir qui avait signé et connaître les gens avec lesquels chaque personne était en contact. Cela a aidé l’organisme à cibler sa campagne.

« Alors que nous sensibilisions la population à ces enjeux… un plus grand nombre de gens ont été contactés. Ça nous a pris sept semaines pour recueillir 17 000 signatures pour la pétition. »

Et surtout, les gens ont fait entendre leur voix.

« Nous avons constaté un changement mesurable, entre autres, dans la hausse du niveau de sensibilisation aux enjeux des jeunes qui, à cause de leur âge, quittent leur foyer d’accueil… En plus, nous avons constaté une augmentation sensible, chez la population, de l’appui pour des investissements permettant d’aider jusqu’à l’âge de 25 ans les jeunes qui quittent leur foyer d’accueil. »

Il y a trois ans, « environ 66 % de la population de la Colombie-Britannique était d’accord pour prolonger l’aide jusqu’à l’âge de 21 ans. Cette année, 71 % est d’accord pour trouver un soutien financier pour des choses comme le logement, l’éducation et la nourriture, jusqu’à l’âge de 25 ans, dit M. Gifford. La compréhension et le désir de la population à l’égard de changements législatifs se sont accrus de façon substantielle. »

Alors que le programme Fostering Change suscite de l’intérêt, plusieurs organismes et leaders communautaires bien connus soutiennent le mouvement.

Cette année, en juin, le conseil municipal de Vancouver a appuyé la pétition à l’unanimité et a promis de la présenter à l’Union des municipalités de la Colombie-Britannique. Trevor Linden, ancien joueur étoile de la LNH et maintenant président pour les opérations hockey chez les Canucks de Vancouver, est même apparu dans une vidéo sur YouTube afin d’appuyer le programme Fostering Change.

« Nous devons aider ces jeunes et leur donner le soutien dont ils ont besoin pour trouver leur voie, et je ne pense pas qu’à 19 ou 18 ans vous avez la capacité de le faire. Je ne peux m’imaginer, il y a vingt-cinq ans, sans ce genre de soutien », déclare Trevor Linden.

Nous espérons que tous peuvent saisir l’importance de cet enjeu.

Pour d'autres nouvelles et mises à jour, abonnez-vous à notre cyberbulletin, visitez notre page Facebook, ou suivez-nous sur Twitter