Entreprise sociale : un « campus caritatif » crée de nouvelles possibilités et synergies pour des OSBL de Calgary

Il arrive très souvent que des édifices à bureaux accueillent plusieurs entreprises à but lucratif; pourquoi les OSBL ne se regrouperaient-ils pas aussi?

Selon la Calgary Foundation, on peut grandement favoriser l’innovation (et, par conséquent, aider la collectivité locale) en ayant ses bureaux dans le même immeuble que d’autres organismes caritatifs aux vues similaires.

Un nouveau genre de communauté

Situé au centre-ville de Calgary, le Kahanoff Centre est occupé uniquement par des OSBL et des organismes de bienfaisance qui travaillent de façon indépendante tout en profitant de taux de location abordables.

La Calgary Foundation est l’actionnaire du Kahanoff Centre for Charitable Activities (qui lui a été donné en 2012 lorsque la Kahanoff Foundation a liquidé ses actifs). Elle en nomme le C.A. qui est, en soi, un organisme de bienfaisance.

Pour couronner le tout, la Calgary Foundation est également un des locataires de ce « campus caritatif ».

Avant d’emménager à ce Centre l’an dernier, la Calgary Foundation avait ses bureaux dans un édifice situé sept rues plus loin.

« Nous avons décidé d’emménager ici parce que, de cette façon, nous payons un loyer à un propriétaire qui est un organisme caritatif, ce qui profite à de nombreux organismes caritatifs qui peuvent ainsi occuper de très bons bureaux à un taux inférieur à celui du marché », déclare Eva Friesen, présidente-directrice générale de la Calgary Foundation.

Le Kahanoff Centre est constitué de deux tours reliées et compte 12 étages. Les cinq premiers étages sont occupés par Decidedly Jazz Danceworks, un organisme de bienfaisance dont les installations de calibre international sont consacrées à la danse jazz. Les étages supérieurs peuvent accueillir de 20 à 50 autres organismes caritatifs. Le Centre loue également à la collectivité des salles pour des conférences et diverses activités, ce qui lui fournit une source de revenus supplémentaires.

La conception de l’espace

Un grand nombre de nouveaux locataires ont pu concevoir et construire leurs propres bureaux en fonction de leur personnel. C’est le cas notamment du Calgary Counselling Centre (CCC) qui compte près de 100 employés, étudiants et nouveaux diplômés.

« Tous nos murs sont démontables, précise Robbie Babins-Wagner, chef de la direction de CCC. Ainsi, à part les murs entre les bureaux, notre espace utilise beaucoup le verre, de sorte que la lumière entre à flot. Même si vous n’avez pas de fenêtres dans votre bureau, la lumière s’infiltre. Tous les gens qui viennent ici mentionnent la quantité de lumière qui inonde l’espace. Le grand avantage qu’il y a à être ici, c’est que nous n’avons pas vraiment à choisir qui aura ou non un beau bureau, ce qui favorise l’engagement des employés. »

Pour la conception de ses propres bureaux, la Calgary Foundation a été en mesure d’aider d’autres entreprises sociales qui n’étaient pas locataires dans l’immeuble.

Un des objectifs de la Calgary Foundation est de renforcer les capacités de tout le secteur caritatif. En préparant les améliorations pour son propre espace locatif, elle a décidé d’embaucher un menuisier.

« On retrouve de très belles pièces de bois à l’intérieur, grâce au travail de l’atelier de menuiserie Drop-In Centre Woodshop, précise Eva. Nous savions que cet organisme de bienfaisance avait un atelier pour enseigner la menuiserie à des gens aux prises avec des problèmes d’itinérance ou de dépendance aux drogues. Nous les avons chargés du travail pour tous les étages, y compris les tables et d’autres pièces en bois. Ils ont réalisé de magnifiques intérieurs. Et ils étaient si talentueux qu’on a élargi leur mandat. Même l’entrepreneur s’est dit très impressionné par le travail du Drop-In Centre Woodshop! »

Avantages d’un espace commun

Cela ne fait qu’un an environ que la Calgary Foundation a emménagé en ces lieux, mais elle a pu expérimenter et constater tant de points positifs au Centre.

« Nous travaillons avec un grand nombre d’organismes de bienfaisance qui ont pour mandat de renforcer les capacités au sein du secteur caritatif, ajoute Eva. En étant physiquement rapprochés, c’est plus facile de collaborer pour que nos efforts s’harmonisent sans se chevaucher et que les lacunes soient comblées. Nous pouvons ainsi être plus efficaces. »

En outre, mentionne Taylor Barrie, Directrice des communications « dans le corridor et les ascenseurs, nous voyons souvent les conversations s’engager de façon spontanée. Les membres des organismes se croisent constamment dans l’édifice et ces conversations permettent de créer entre eux des synergies. »

Robbie Babins-Wagner, du CCC, est d’accord :

« Mon personnel dit toujours que les gens sont vraiment heureux ici; qu’en entrant dans l’ascenseur, tout le monde vous parle. Vous pouvez échanger et il arrive souvent que vous rencontriez des personnes à qui vous désiriez parler. Nous sommes même allés à des fêtes d’accueil organisées par le Kahanoff Centre, ce qui nous a permis de connaître les autres; c’est un bon moyen de socialiser. Essentiellement, le Centre fournit de nombreuses possibilités de collaboration parce qu’on est toujours entouré de gens ayant les mêmes aspirations. »

L’expérience est également bien différente du travail dans un immeuble à bureaux « normal ».

« Le Kahanoff Centre nous a réunis tous ensemble autour d’un commun intérêt à servir la collectivité, et ce, non seulement en tant qu’employés, mais en tant qu’organisme associé à un groupe d’organismes de bienfaisance », mentionne Robbie.

Regard vers l’avenir

L’avenir s’annonce radieux pour le Kahanoff Centre.

Ce n’est pas une certitude, mais l’immeuble pourrait éventuellement servir de centre d’incubation où les OSBL en démarrage loueraient à court terme un espace, des bureaux et des ordinateurs (au lieu de signer un contrat de location).

Par ailleurs, la Calgary Foundation estime qu’il y a un potentiel pour le partage de services entre les organismes de bienfaisance.

« Cela n’a pas encore été fait parce que ce campus est assez nouveau, mais il pourrait y avoir de bonnes synergies pour les organismes ayant des besoins semblables en matière de technologies de l’information, indique Eva. Ce serait très avantageux pour les organismes qui ne sont pas assez gros pour se permettre un expert en TI. Nous commençons à étudier comment nous pouvons profiter de services partagés, mais nous envisageons de grandes choses pour l’avenir. »

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