Dans cet article de notre série Les histoires de l’Initiative canadienne pour des collectivités en santé, nous vous racontons comment un investissement de 60 millions de dollars du gouvernement du Canada a aidé des communautés à créer et à adapter des espaces publics pour répondre aux besoins des gens pendant la pandémie de COVID-19.

À Dartmouth, les bureaux du Conseil communautaire du Grand-Havre (CCGH) sont situés dans un quartier chargé d’histoire. Ce lieu symbolique a vu naître le premier centre scolaire communautaire de Nouvelle-Écosse au début des années 1990. « [Cet endroit] a été pendant de longues années, le centre névralgique pour la population acadienne francophone » explique M. Mario Noury, directeur général du CCGH.

En plus du centre communautaire qui abrite un gymnase, une salle de spectacle et une bibliothèque, on y retrouve aujourd’hui deux écoles et une garderie. Ce quartier plein de vie ne manque pas non plus de charme puisqu’il est entouré de terrains verts aux portes d’une vaste forêt. 

Au courant de l’année 2020, la volonté de moderniser et de diversifier l’usage des espaces extérieurs se fait ressentir au sein de la communauté : la revitalisation du parc-école communautaire du Carrefour du Grand-Havre est en route.

Pour et par la communauté

Le CCGH a pour mission de soutenir sa communauté acadienne francophone et francophile à travers le développement de partenariats et la mise en place de programmes et services. Dans l’optique de redonner un peu d’amour au terrain situé entre l’école Bois-Joli et le centre communautaire, le CCGH met à contribution un comité d’école consultatif. Celui-ci a pour mission de réfléchir aux besoins des différentes parties prenantes et d’envisager des pistes de solutions en vue du réaménagement de cet espace.

Composé d’élèves, de parents et de membres du corps professoral et de la communauté, le comité s’accorde à dire qu’un lieu dédié à l’activité physique est nécessaire. Très vite, M. Éric Shantz, enseignant d’éducation physique à l’école Bois-Joli partage sa vision. En tant que professionnel, il soumet l’idée d’un terrain de jeu, une sorte de « parcours ninja ». Il souhaite y voir des installations permettant de travailler le haut du corps, mais aussi l’équilibre. Enthousiaste, le comité poursuit ses discussions.

Inspirée par l’idée de M. Shantz, la proposition d’aménagement se dessine. D’un côté, ce lieu abritera un terrain de jeu favorisant l’activité physique. De l’autre se trouvera une classe extérieure ; un espace collaboratif pouvant accueillir des groupes de tout âge.


Nature et sécurité 

Il est alors temps pour les partenaires de partir à la recherche de financement et de contacter des firmes d’aménagement. Il faut aussi évaluer les coûts et recevoir différentes propositions de mise en valeur de l’espace extérieur en question. 

Grâce à la fondation communautaire de la Nouvelle-Écosse, le CCGH apprend l’existence du programme « Initiative pour des collectivités en santé ». Celui-ci financera près de 50 % du projet, pour un budget total s’élevant à 110 000 $. Le reste sera couvert, entre autres, par la Fondation communautaire du Grand-Havre, le comité d’école consultatif et la province de la Nouvelle-Écosse.

Pour aménager ce lieu, les partenaires se donnent pour mots d’ordre : nature et sécurité. La firme qui réalisera ce projet devra donc offrir des espaces ludiques que les jeunes et moins jeunes pourront s’approprier en toute sûreté. Mais ces installations devront aussi se fondre dans le cadre vert du quartier du Grand-Havre. Les bâtiments qui s’y trouvent sont des constructions en béton des années 1990, mais le comité tient à ce que ce nouvel espace soit davantage en harmonie avec la forêt qui entoure le quartier.

C’est une firme locale qui relève le défi en privilégiant l’utilisation de bois dans la construction des structures. La classe extérieure voit le jour au printemps 2021, et le terrain de jeu ouvre ses portes en novembre de la même année.

On s’approprie l’espace!

La pandémie de COVID-19 ne permet malheureusement pas une inauguration en grande pompe, mais cela n’empêche pas le public d’investir les lieux, bien au contraire. « Il faut se remettre dans le contexte de la pandémie où l’on cherchait des solutions pour que nos communautés se retrouvent […] les écoles étaient devenues un drôle d’endroit où il fallait tout désinfecter, où les accès étaient limités […] », souligne Mario Noury. Dans ces circonstances, la classe extérieure se transforme en lieu où les élèves peuvent apprendre tout en respirant un air pur, sans masque.

Bien plus que de nouvelles installations, ces espaces sont un véritable pont entre les communautés. Garderie, écoles, centre communautaire… en semaine, les partenaires y organisent différentes activités. En fin de semaine, les familles peuvent aussi en profiter en toute quiétude. 

Mario Noury garde un excellent souvenir de la réalisation de ce projet, il parle « d’un bel exemple de partenariat horizontal où chacun a joué son rôle et a apporté sa contribution ». Pour lui, les bonnes relations entre chaque partie prenante ont été sans aucun doute un facteur de réussite. Elles permettent aujourd’hui le partage de ces espaces de façon organique, sans conflit d’horaire. Chacun y trouve sa place, été comme hiver (hors tempête exceptionnelle, bien entendu !).