Par Ayusha Mahajan
Ayusha était lauréate de la Bourse en narration transformationnelle des Fondations communautaires du Canada pour une expérience de six mois avec le portefeuille de la transformation qui explore la transition sociétale. Une histoire ne réaliserait jamais son potentiel sans l’aide d’une tribune permettant de la diffuser. Nous sommes reconnaissants pour le soutien de Canada Life, la Fondation RBC et l’Académie de l’innovation sociale pour leur partenariat avec Fondations communautaires du Canada visant à appuyer la Bourse en narration transformationnelle et son impact prometteur.
Envisager la possibilité
Inexorablement, le futur va venir empiéter sur le présent et il apportera sur sa trainée des changements. Comme un voilier qui vient lentement s’ancrer au quai du présent, le futur deviendra réalité, alimenté par le temps, prêt à transporter ses passagers vers l’avenir. Les différentes embarcations de ces passagers pourraient provoquer des inégalités : certains auront un simple bateau, d’autres un yacht et d’autres encore un radeau de fortune; et tant les eaux vives que le brouillard viendront mettre à l’épreuve leur capacité à atteindre l’avenir.
Pour arriver à bon port, il faut y croire et visualiser une voie à emprunter. Ensemble, grâce à l’imagination collective, nous pouvons commencer à tracer cette voie.
En 2017, Geoff Mulgan a exploré le potentiel de l’intelligence collective et son application pour relever les défis mondiaux. Selon lui, la mise en commun des connaissances permet de prendre des décisions plus éclairées et donc plus sages. En juillet 2022, Cassie Robinson a repris cette idée en l’élargissant de façon à inclure les possibilités offertes par ce qu’elle appelle « l’imagination collective ». Selon elle, c’est notre propre incapacité à imaginer et à croire qui nous empêche d’associer l’utopie au réalisme, car nous sommes trop gouvernés par les données. Lorsque l’on utilise son imagination pour créer et construire, notre vision devient une partie de la réalité. Et l’imagination commence en posant des questions telles que : « À quel avenir aspirez-vous? ».
Andrew Chunilall, chef de la direction de Fondations communautaires du Canada, ainsi que Tim Draimin et Michelle Baldwin, membres de l’équipe Transformation de FCC, ont une vision de l’avenir auquel ils aspirent.
Andrew Chunilall rêve d’un avenir dans lequel l’appartenance est un orchestre intégré où toutes les différences se complètent au sein de l’œuvre d’art qu’elles contribuent à constituer. « On confond l’appartenance avec l’intégration sociale, dit-il. De plus en plus de choses deviennent de moins en moins familières pour les gens, et cela fait vibrer la corde sensible du besoin d’appartenance. » Avec l’avènement de la mondialisation, la diversité est la nouvelle constante, et un pays culturellement diversifié comme le Canada possède le pouvoir d’exploiter l’immense gamme de pensées, de pratiques et de croyances qu’il abrite.
Tim Draimin, lui, imagine un avenir où le capital social — c’est-à-dire les liens et les relations que nous entretenons les uns avec les autres — peut être exploité pour s’attaquer à la question environnementale et créer une société qui réoriente le paradigme tout en préservant la qualité de vie. Dans son avenir se profile une société organisée de manière à « tirer parti du capital social, à le produire et à le renforcer », afin de parvenir à un état d’esprit fondé sur ce que nous pouvons faire les uns pour les autres, plutôt que sur ce que l’institution peut faire pour l’individu.
« … le capital social finit par devenir le mortier entre les briques du système socio-économique que nous essayons de construire, dit-il. Plus le mortier est de bonne qualité, meilleure est la construction de la société dont nous allons dépendre pour être capables de surmonter les différents types de défis que chaque personne et chaque famille devra surmonter durant son existence. »
Quant à Michelle Baldwin, elle imagine un avenir composé d’occasions régénératrices, où la réhabilitation tant des populations que de la planète fait appel à toutes les imaginations alimentées par l’expérience et s’inspire d’un retour à la nature. Elle est persuadée que nous avons beaucoup à apprendre de la nature et de ses propriétés objectivement évolutives. « J’ai envisagé ce travail de transformation à travers le prisme de l’équité, de l’économie et du climat… mais je pense qu’il doit y avoir une plus grande connexion avec l’humanité et la nature. » Aucune quantité de terminologie complexe et d’organisation méticuleuse n’a le pouvoir de nous séparer de la terre qui nous porte.
Pourrions-nous vivre ces lendemains que nous imaginons?
Prochain arrêt, la croyance. Notre voyage va nous faire traverser les obstacles et les zones de promesses qui se matérialisent devant nous, maintenant que nous avons embarqué sur le voilier de l’imagination.
En route, tout le monde!