« Si vous êtes venu ici pour m’aider, vous perdez votre temps. Mais, si vous venez parce que votre libération dépend de la mienne, alors travaillons ensemble. »

Lilla Watson, Murri (Autochtone de la terre connue sous le nom d’Australie) artiste visuelle, militante et universitaire

C’est aujourd’hui le 1er juillet, la fête du Canada.

Cette journée a été créée pour célébrer la Confédération canadienne et l’union des provinces sous la bannière unique de l’Empire britannique. Aujourd’hui, comme demain, cette journée sera une journée marquée par le souvenir. 

Fondations communautaires du Canada est en deuil depuis la découverte de 215 tombes anonymes sur les terres de la Première nation Tk’emlups te Secwepemc. Depuis, nous avons appris l’existence de plus de fosses communes dans lesquelles sont ensevelis des membres des communautés des Premières Nations, notamment celles de la Nation Cowessess, et de la Nation Sioux Valley Dakota. Nous savons qu’elles s’inscrivent dans une histoire persistante de violence coloniale. Des générations de ces nations ont été enlevées de force. Les pensionnats autochtones ont été un engrenage de l’assimilation forcée et du génocide. Ces écoles étaient cautionnées par les églises, les gouvernements et par les dons provenant d’organismes philanthropiques et de bienfaisance.

En tant qu’institution et organisme constitué de personnes, Fondations communautaires du Canada assume sa responsabilité pour son rôle visant à préserver les structures du pouvoir colonial. En tant que colonisateurs de ces terres, il nous faut repenser les célébrations, non comme une manière de nier notre responsabilité, mais pour affronter la vérité. Nous savons qu’un changement systémique est nécessaire pour combattre le racisme anti-autochtone.

L’objectif de Fondations communautaires du Canada consiste à poursuivre sans relâche un avenir où tout le monde a sa place. Cette mission est tout simplement impossible sans la mise en place des Appels à l’action de la Commission de vérité et de réconciliation, des Appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).

Ce travail ne se résume pas à la lecture d’un rapport et à l’écriture d’un chèque. Nous demandons la pleine participation du réseau des fondations communautaires par la signature de la Déclaration d’action de The Circle et leur engagement actif en vue de la réconciliation. 

C’est dans le cœur et l’esprit des gens que s’effectue le changement : les changements se produisent parce que nous changeons. Il est maintenant temps pour les colonisateurs et les leaders du secteur philanthropique de s’assoir avec les Peuples autochtones et d’éprouver ce chagrin.

Comme l’explique le livre d’Edgar Villanueva, Decolonizing Wealth, les leaders doivent savoir incarner la vulnérabilité et la tristesse pour faire de l’espace afin que l’organisation puisse les suivre dans leur sillage, fonctionner plus efficacement et soutenir le changement.

Ce n’est pas simple. S’assoir avec cette tristesse et être vulnérable est difficile, car nous et nos organismes avons été complices.

Villanueva écrit : « Les colonisateurs et leurs descendants doivent pleurer la vie de leurs ancêtres ainsi que la culture qui a rendu possibles, acceptables et imaginables leurs actes de domination et d’exploitation…. Le principe originel de toutes mes relations signifie que les colonisateurs sont aussi mes parents. Cela signifie que notre interdépendance est inéluctable; aussi, nous pourrions tout aussi bien reconnaître le traumatisme de chacun et nous engager dans un processus de guérison commun. » [trad. libre]

Comme l’explique le Chef Cadmus Delorme de la Première nation Cowessess, « Contrôler les actions d’autrui nous est impossible et nous ne pouvons pas non plus contrôler un système dépassé; par contre, nous pouvons contrôler nos pensées et nos actions. »

L’équipe de Fondations communautaires du Canada s’engage à ouvrir la voie en faisant preuve de vulnérabilité et en effectuant un travail personnel pour que ses actions ne soient pas uniquement transactionnelles ou performatives, mais qu’elles soient le fruit naturel né de relations réciproques fondées sur la confiance et l’honnêteté.

Que ce chagrin nous serve à transformer notre culpabilité en mesures concrètes.


Les survivants et les personnes cherchant à obtenir un soutien émotionnel peuvent contacter la Indian Residential School Survivors Society au 1-800-721-0066, sans frais, ou en composant le numéro de la ligne d’urgence en tout temps, le 1-866-925-4419.

Voyez les emplacements des pensionnats autochtones près de chez vous : https://www.cbc.ca/news2/interactives/beyond-94-residential-school-map/ 

Voyez sur quelles terres vous résidez et les responsabilités relatives aux traités à https://native-land.ca/


Beyond Thoughts and Prayers: Actions you can take to support residential school survivors, Toronto Star, 31 mai 2021