Dans cet article de notre série Les histoires de l’Initiative canadienne pour des collectivités en santé, nous vous racontons comment un investissement de 31 millions de dollars du gouvernement du Canada a aidé des communautés à créer et à adapter des espaces publics pour répondre aux besoins des gens pendant la pandémie de COVID-19.

D’un océan à l’autre, la force de notre pays réside dans sa diversité. L’Alberta est la province qui affiche la croissance la plus rapide au pays. En 2023, le nombre d’habitants a augmenté de 184 400, une hausse en grande partie attribuable à l’immigration.

En Alberta, les personnes nouvellement arrivées d’origine africaine forment l’une des plus importantes communautés d’immigrants. À Edmonton, l’organisme sans but lucratif Sinkunia Community Development Organization (SCDO) soutient les enfants, les jeunes et les familles qui arrivent d’Afrique comme immigrants ou réfugiés.

Renforcer la communauté

La mission de la SCDO est d’aider les personnes nouvellement arrivées d’Afrique à s’établir, à s’intégrer et à s’épanouir au Canada. Pour ce faire, l’ONG met en place des activités, des ressources et des programmes fondés sur des données probantes. Il s’agit notamment de mentorat sur le patrimoine culturel, de formation en leadership, de services de counseling, de services communautaires, d’un club parascolaire et d’un camp d’été.

C’est Issa Kamara, un travailleur social et agent de développement communautaire, qui a fondé la SCDO, car il a compris la nécessité de soutenir les immigrants et les réfugiés africains à Edmonton. Fort de son expérience dans la gestion de problèmes sociaux et économiques à l’échelle mondiale et de son travail auprès des jeunes à risque, il a pris congé de son travail pour réaliser son rêve d’aider les autres par l’entremise de la SCDO.

Sous la direction d’Issa Kamara et d’une équipe engagée, la SCDO fonctionne avec succès depuis 16 ans maintenant.

Une compréhension approfondie des besoins de la communauté

En 2009, Agnes Yaa Serwaa Somuah, directrice de programme, s’est jointe à la SCDO à titre d’animatrice bénévole et de coordonnatrice de projet. En 2008, quand elle est arrivée au Canada de son Ghana natal, elle a observé d’énormes différences culturelles entre les deux pays.

« Quand je suis arrivée ici, je ne comprenais pas ce qu’était “l’espace personnel” et à quel point je devais respecter la bulle des gens », explique-t-elle, pour ne citer qu’un exemple de ces différences culturelles. « J’ai eu ma part de malentendus. »

La mission de la SCDO a interpellé Mme Somuah, et ce sentiment s’est amplifié lorsque sa famille l’a rejointe à Edmonton, l’incitant à soutenir d’autres jeunes et enfants originaires d’Afrique. 

« Il y a des choses que la plupart des jeunes et des enfants ne connaissent pas, surtout lorsqu’ils viennent de pays déchirés par la guerre, qu’ils vivent dans un camp de réfugiés, puis qu’ils viennent ici », explique-t-elle. « Ils ont connu beaucoup de changements culturels. »

Un financement qui a donné un second souffle à l’organisme

Avant la pandémie, l’organisme sans but lucratif soutenait non seulement les enfants, les jeunes et les familles en Alberta, mais aussi en Afrique de l’Ouest. Ses projets visaient notamment l’amélioration de l’accès à l’eau potable, l’éducation primaire, la sécurité alimentaire, les produits de première nécessité, le financement de microcrédits pour les femmes et les initiatives de bourses d’études.

Mais la COVID-19 est venue tout chambouler.

« Les besoins de la communauté locale sont apparus très clairement », explique Mme Somuah. « Nos voisins du quartier avaient besoin d’aide, plus que nos communautés d’origine. C’est ce qui nous a fait réfléchir. »

Malgré sa volonté d’allouer davantage de fonds à la communauté locale, la SCDO s’est rapidement retrouvée à court de financement. En 2021, l’équipe est tombée sur l’Initiative canadienne pour des collectivités en santé. Dirigée par Shelley Sabo, présidente des services locaux de l’organisme Rotary YEG Passport, l’équipe a demandé du financement pour établir des partenariats avec d’autres organismes de soutien, embaucher des animateurs culturels pour les jeunes et d’autres groupes, et créer un jardin communautaire au centre de la SCDO. 

Ce financement a été « un énorme pas en avant pour commencer notre jardin communautaire », affirme Mme Somuah. Elle ajoute que le financement de l’Initiative canadienne pour des collectivités en santé a permis à l’équipe de s’associer à des organismes traditionnels auxquels leur communauté n’aurait pas eu accès autrement, comme les clubs Rotary et les programmes de revitalisation de la ville d’Edmonton. Tout cela a permis de renforcer les liens avec la communauté et de favoriser le bien-être. 

Quand le financement favorise la durabilité et la sécurité

Selon Mme Somuah, la nécessité d’un organisme comme la SCDO est sans cesse démontrée : « Chaque jour, je vois de nouveaux enfants qui viennent d’arriver au pays et qui se transforment au fil du temps. » 

Elle espère que l’organisme « sera en mesure de consolider son espace et de toucher de plus en plus de personnes. En tous cas, c’est notre objectif. »

Si elle devait prodiguer des conseils à d’autres organismes qui souhaitent demander un financement dans une situation similaire, elle leur recommanderait l’utilisation d’un langage clair et simple.

« Il n’y a pas de mal à rédiger vos projets dans vos propres mots (ce qui vous motive, pourquoi vous avez besoin de financement et ce que vous pensez être en mesure de réaliser), explique-t-elle, mais si vous ne proposez rien de concret (des activités), vous aurez du mal à réaliser votre intention avec les fonds que vous sollicitez. »

Elle ajoute que le financement est essentiel au travail de la SCDO, car il procure à l’équipe « un sentiment de durabilité et de sécurité. On réalise un rêve parce qu’on aime vraiment ce qu’on fait. Si le financement s’épuise […] on ne peut pas simplement mettre la clé sous le paillasson et tout abandonner. C’est impossible. »