Le Fonds de relance des services communautaires est un investissement de 400 millions de dollars du gouvernement du Canada destiné à aider les organismes de bienfaisance et sans but lucratif à adapter leur fonctionnement dans le contexte de la relance après la pandémie de COVID-19.
De bénévole à étudiante d’été, puis aujourd’hui directrice générale adjointe, Cheyenne Labrador travaille depuis plusieurs années au Centre d’amitié autochtone Mi’kmaw, situé à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
Cet organisme sans but lucratif propose une variété de programmes destinés aux communautés autochtones vivant en milieu urbain, qui touche des domaines comme l’éducation, la santé, le logement et la justice. Depuis plus de 50 ans, le centre d’amitié ne cesse de s’agrandir, passant de 10 programmes à plus de 65 et couvrant un large éventail de services, de la formation à l’emploi jusqu’au soutien juridique.

Les retombées de la pandémie de COVID-19 sur les communautés autochtones d’Halifax
La pandémie a marqué un tournant pour le Centre d’amitié autochtone Mi’kmaw, qui a dû fermer ses portes pour la toute première fois et proposer des services à distance.
« Quand on ne peut plus être présent physiquement, quand tout semble s’écrouler autour de nous, on reste là malgré tout », raconte Cheyenne Labrador. « Nous devons continuer à soutenir nos communautés. La question, c’est de savoir comment le faire correctement. »
La pandémie de COVID-19 a mis en évidence de profondes lacunes dans l’accès aux soins de santé dans les régions rurales, où les services médicaux ont rapidement été débordés. L’isolement social imposé par les confinements a aussi provoqué une hausse marquée des troubles de santé mentale. Un rapport publié en 2020 montre que, même après l’assouplissement des mesures sanitaires entre le printemps et l’été, les niveaux d’anxiété et de dépression sont restés élevés partout au pays.
À cela se sont ajoutés des problèmes économiques importants. « Beaucoup de personnes ont perdu leur emploi », explique Cheyenne. Le centre d’amitié a donc redoublé d’efforts pour répondre aux besoins essentiels de la population. « Nous avons distribué énormément de cartes-cadeaux pour aider les gens à se procurer ce dont ils avaient besoin au quotidien », ajoute-t-elle.
Mais ce n’est pas tout. Le centre d’amitié a été l’un des premiers fournisseurs de soins de santé en Nouvelle-Écosse à mettre en place des cliniques de vaccination. En parallèle, l’équipe a organisé des ateliers virtuels de perlage, une façon culturellement significative de maintenir le lien communautaire en période d’isolement.
« Nous ne rentrons pas à la maison à 16 h en disant ‘c’est fini pour aujourd’hui’ », insiste Cheyenne. Notre réceptionniste, en poste depuis 35 ans, prend même des appels chez elle, après les heures d’ouverture. « C’est notre communauté. Ce sont nos proches : nos sœurs, nos frères, nos cousins. »

Le financement du FRSC permet au centre d’amitié d’élargir ses services
DPendant cette période, Cheyenne Labrador et son équipe ont déposé une demande auprès du Fonds de relance des services communautaires (FRSC), un investissement de 400 millions de dollars du gouvernement du Canada destiné à soutenir les organismes de bienfaisance et sans but lucratif dans leurs efforts de relance après la pandémie.
Grâce à ce financement, le centre d’amitié a pu agrandir son équipe en recrutant un gestionnaire de programme, un adjoint de direction, du personnel administratif et en créant un service des ressources humaines. Le financement a également permis à l’équipe de mettre en place un soutien en santé mentale pour le personnel, ce qui a contribué à prévenir l’épuisement professionnel, souligne Cheyenne.
« Le personnel se sent soutenu et fait appel à ces services avant de se retrouver dans une situation plus difficile à surmonter », explique-t-elle. « Nous avons vraiment observé un changement : les gens bénéficient désormais d’un soutien en santé mentale. »
Avec des effectifs renforcés, le centre d’amitié a pu élargir son offre de services pour mieux répondre aux besoins des personnes en situation d’itinérance et créer un véritable service consacré à la santé mentale. Depuis le début de la pandémie, le personnel du centre d’amitié a doublé, passant d’une centaine à près de 200 personnes.
Pour Cheyenne Labrador, tout cela n’aurait pas été possible sans un financement adéquat. Grâce au FRSC, nous avons pu découvrir d’autres façons de soutenir notre communauté, explique-t-elle. « Sans des fonds comme ceux du FRSC, ce genre de soutien ne peut tout simplement pas s’organiser », affirme-t-elle. « Nous sommes toutes et tous tellement concentrés à aider les autres qu’il devient difficile de prendre du recul. Et pourtant, c’est essentiel : il faut pouvoir lever la tête, regarder l’ensemble et se demander comment il est possible de voir encore plus grand. »