Le Fonds de relance des services communautaires est un investissement de 400 millions de dollars du gouvernement du Canada destiné à aider les organismes de bienfaisance et sans but lucratif à adapter leur fonctionnement dans le contexte de la relance après la pandémie de COVID-19.
La filiale de Swan Valley de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) offre ses services dans les régions de Parkland et de Pas, au Manitoba. Historiquement, la quasi-totalité des programmes de la filiale de Swan Valley de l’ACSM, du logement subventionné aux groupes d’entraide en santé mentale en passant par l’hébergement d’urgence de nuit, était proposée en présentiel.
Mais avec la pandémie, tout a basculé.
« Nous avons dû nous adapter très rapidement », raconte Rod Seib, animateur principal et formateur au Centre d’apprentissage HOPE (Helping Others through Peer Education) de Swan Valley. « On offrait des formations en personne, mais cela est devenu impossible du jour au lendemain. »
Comme partout au Canada, la pandémie de COVID-19 a mis en lumière les failles du filet de sécurité sociale. Un rapport de 2024 indique que 41 % des Manitobains considéraient l’amélioration des soins de santé comme leur principale priorité électorale en 2023. Déjà, en 2020, une autre étude révélait que plus de la moitié des Manitobains estimaient que la pandémie avait nui à leur accès aux services en santé mentale offerts par des psychologues.
« Comme bien d’autres, nous avons dû apprendre sur le tas », explique James Wigley, directeur général de la filiale de Swan Valley de l’ACSM. Il précise que l’organisme n’a pas été contraint de fermer ses portes pendant les confinements puisqu’il offrait des services essentiels. « Nous avons vraiment eu de la chance. »

La filiale de Swan Valley de l’ACSM reçoit un financement du Fonds de relance des services communautaires
CLes programmes de la filiale de Swan Valley de l’ACSM ont pris de l’ampleur durant la pandémie, en particulier ceux liés au logement et au soutien communautaire, qui accompagnent les personnes aux prises avec des troubles de santé mentale ou des dépendances dans leur parcours de rétablissement.
Rod explique qu’à son arrivée, il y a sept ans, l’organisme ne disposait pas des ressources nécessaires pour centraliser ses données, coordonner les services ou assurer l’exactitude des dossiers. « À l’interne, nous avions besoin d’un logiciel pour que le personnel puisse bien gérer les notes de suivi, sans quoi certaines choses nous échappaient », dit-il.
Avec l’augmentation de la demande pendant la pandémie, le manque d’outils pour gérer les données est devenu encore plus problématique. C’est dans ce contexte que James Wigley et son équipe ont déposé une demande de financement au Fonds de relance des services communautaires (CSRF), un programme fédéral de 400 millions de dollars visant à aider les organismes sans but lucratif à adapter leurs services après la pandémie.
Grâce au financement obtenu, l’équipe a pu entamer la création d’un outil de gestion de l’information permettant de mieux suivre les personnes accompagnées, de déterminer leurs besoins et de se poser la question : « Comment peut-on mieux collaborer pour les soutenir? », souligne Rod.
Il précise que même si l’outil n’en est encore qu’à ses débuts (les équipes numérisent toujours des dossiers papier), « nous en voyons déjà les avantages pour coordonner l’ensemble des services offerts à notre clientèle. »
La filiale Swan Valley de l’ACSM a également utilisé une partie du financement pour numériser 25 cours du Centre d’apprentissage HOPE, portant notamment sur le rétablissement personnel, la santé mentale et le bien-être. Grâce à ce virage numérique, l’équipe a non seulement pu continuer à desservir sa clientèle habituelle pendant la pandémie, mais aussi aider des communautés éloignées et nordiques, qui n’auraient autrement pas pu accéder aux formations du centre.
« Nous sommes très reconnaissants d’avoir obtenu ce soutien », conclut Rod.

La filiale de Swan Valley de l’ACSM renforce sa présence dans la province
Au-delà de la réponse à la pandémie, la filiale de Swan Valley de l’ACSM prend désormais de l’ampleur en intégrant la région centrale de l’ACSM au Manitoba sous sa gouverne. Cette expansion renforcera sa présence et ses retombées dans la province. L’équipe a aussi lancé un programme de soutien destiné aux jeunes de 15 à 29 ans ayant vécu dans le système de placement familial. Ce programme vise à les accompagner dans l’accès au logement, à l’emploi, et dans l’apprentissage des compétences essentielles à la vie adulte.
« Notre ambition : bâtir un Manitoba où la santé mentale est reconnue comme un droit fondamental universel », affirme James Wigley. « C’est une vision forte, porteuse de sens, qui guide chacune de nos actions. »
Rod Seib ajoute : « Nous voulons être là quand les gens ont besoin d’aide. Pour incarner cette vision, le soutien, quel qu’il soit, doit être accessible à toute personne, au moment et à l’endroit où elle en a besoin. »