Le Fonds de relance des services communautaires est un investissement de 400 millions de dollars du gouvernement du Canada destiné à aider les organismes de bienfaisance et sans but lucratif à adapter leur fonctionnement dans le contexte de la relance après la pandémie de COVID-19.

Fondé il y a près de 40 ans, AVENS – A Community for Seniors est un centre de soins pour personnes âgées situé à Yellowknife. À l’origine, son objectif était principalement de répondre aux besoins des mineurs et des prospecteurs de la région qui approchaient l’âge de la retraite. Aujourd’hui, AVENS offre des services de soins de longue durée, des logements pour personnes atteintes de démence ainsi que des solutions d’habitation autonome pour la communauté locale.

Au Canada, la pandémie de COVID-19 a posé un défi de taille aux établissements de soins de longue durée, et Yellowknife n’a pas été épargnée. En octobre 2021, les Territoires du Nord-Ouest affichaient le taux de cas actifs de COVID-19 le plus élevé du pays, malgré une population relativement réduite de 45 500 habitants, dont la moitié vit à Yellowknife. 

Pourtant, avant 2021, les Territoires du Nord-Ouest avaient réussi à contenir la propagation du virus. Daryl Dolynny, directeur général d’AVENS, souligne que le gouvernement territorial avait été « très prudent » en imposant rapidement des contrôles frontaliers au début de la pandémie, un facteur, selon lui, « essentiel à la réussite que nous connaissons aujourd’hui ». En effet, grâce à ces mesures, le personnel d’AVENS avait réussi à contenir la propagation du virus pendant deux ans et demi.

« Le secteur des soins de longue durée a beaucoup appris de la pandémie de COVID-19 », explique Daryl. « Il a beaucoup été question de la vulnérabilité du secteur et du fait que nombre d’entre nous n’étaient pas préparés à une pandémie aussi longue et éprouvante. » 

Les apprentissages de la pandémie de COVID-19 

Cette expérience a poussé AVENS à repenser son approche des soins fournis aux résidents, explique Daryl. Un des principaux apprentissages a été la prise de conscience des effets néfastes de l’isolement sur la santé mentale des personnes âgées, entraînant dépression et déclin cognitif. Pour y remédier, AVENS a ouvert une serre commerciale sur sa propriété, où résidents et personnel peuvent jardiner ensemble et cultiver des aliments frais. « Rien de tel que de se retrousser les manches », affirme Daryl.

Avant la pandémie, lui et son équipe avaient déjà lancé un projet ambitieux : la construction de 102 logements abordables pour personnes âgées, en partenariat avec la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Pour Daryl, l’ajout de nouveaux services au centre repose sur un principe simple : il faut choisir. « Comment offrir plus d’options aux personnes âgées, et comment renforcer leur autonomie? »

Pour lui, l’alimentation est une priorité. C’est pour cette raison qu’une composante essentielle de ce nouveau projet de logements est un programme de repas, baptisé « AVENS Eat », qui permettra aux résidents de choisir parmi une variété de plats préparés.

Obtenir une subvention du Fonds de relance des services communautaires

C’est là que Daryl Dolynny et son équipe ont découvert le Fonds de relance des services communautaires (FRSC), un investissement de 400 millions de dollars du gouvernement du Canada visant à soutenir les organismes communautaires dans leur relance après la pandémie de COVID-19.

En partenariat avec le programme MealSuite de Sysco, le centre AVENS a tiré parti du financement du FRSC pour propulser son programme de livraison de repas, explique Daryl, et aller « bien au-delà de tout ce que nous pensions possible pour un établissement que certains qualifieraient de perdu au milieu de nulle part ». Il ajoute que la technologie de livraison de repas « permet vraiment d’allier sophistication et respect des traditions et cultures avec lesquelles nous travaillons au quotidien », qualifiant Yellowknife de « creuset culturel » : 24 % de ses résidents sont autochtones, et la plus grande communauté racisée est d’origine philippine, représentant 6,9 % de la population.

Le choix des repas n’est qu’un début. Dans le cadre de son initiative « vieillir chez soi » destinée aux personnes âgées logées de façon autonome, AVENS prévoit élargir son offre avec des services comme la buanderie et l’entretien ménager.

Malgré ces avancées, AVENS a dû faire face à plusieurs défis pendant la pandémie, notamment le ralentissement de la construction des 102 logements en raison des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement. « Nous avons fait face à toute une série de problèmes, mais nous avons tenu bon, et nous nous en sommes sortis », affirme Daryl.

En 2023, un autre défi s’est présenté : un incendie de forêt a forcé l’évacuation de 57 résidents vers Edmonton. « Sans la pandémie, l’évacuation aurait été bien plus difficile », dit-il. « Je suis convaincu que notre organisme est plus fort aujourd’hui qu’il ne l’était en 2019 et 2020. »

Daryl se dit reconnaissant envers le FRSC, qui a permis à son équipe de mettre en œuvre des changements qui auraient normalement pris des années, ainsi qu’envers des entreprises comme Sysco qui ont accepté de faire office de projet pilote pour soutenir un organisme relativement isolé.

« On montre au monde que c’est possible, peu importe l’endroit, tant qu’on a le soutien financier et des gens qui croient en nous », conclut-il. « Peut-être qu’un jour, si je suis encore à la tête d’AVENS, vous verrez des camionnettes sillonner le Nord pour livrer des repas aux personnes âgées. Qui sait? Ça serait un bel accomplissement. »