Le Fonds de relance des services communautaires est un investissement de 400 millions de dollars du gouvernement du Canada destiné à aider les organismes de bienfaisance et sans but lucratif à adapter leur fonctionnement dans le contexte de la relance après la pandémie de COVID-19.

Fondée en 2020 en Alberta, la fondation Broom Tree est un organisme communautaire qui offre un refuge aux femmes (et à leurs enfants) qui fuient la violence conjugale. On leur y propose, entre autres, de l’aide à l’emploi et du soutien.

L’idée de la fondation Broom Tree est née il y a une vingtaine d’années dans l’esprit de Donna Abma, la fondatrice. En lisant la Bible pour la première fois, elle a découvert l’histoire du prophète Élie. Ce dernier, réfugié sous un buisson de genêt après s’être enfui pour sauver sa vie, rencontre un ange qui l’aide à « faire face à ce qu’il doit affronter », explique Donna.

À cette époque, Donna traversait elle-même une période difficile. « On a toutes besoin d’un endroit comme ça », dit-elle. « Un endroit où on peut juste souffler quand on n’en peut plus. C’est normal d’être parfois au bout du rouleau. On veut juste pouvoir souffler. »

La fondation a vu le jour grâce à un groupe de femmes animées par le désir de répondre au manque de logements pour les femmes dans le besoin. « On avait cette volonté profonde de soutenir des femmes vivant des grossesses difficiles et des traumatismes », explique Donna.

Elle confie qu’à un moment charnière de sa vie, elle n’avait ni le soutien de sa famille ni celui de ses amis. « J’ai connu cette solitude extrême, ce désespoir. Je savais qu’on devait créer un lieu qui briserait cet isolement. »

Augmentation de la violence conjugale en Alberta pendant la pandémie de COVID-19

La fondation Broom Tree a vu le jour en janvier 2020, à peine trois mois avant le début de la pandémie. Le confinement a entraîné une recrudescence de la violence conjugale à travers le pays, et de nombreux refuges ont signalé une augmentation notable des appels de détresse pendant la première année de la pandémie. Une étude menée en 2023 a révélé que la violence conjugale et les abus avaient augmenté tant en fréquence qu’en gravité au cours de l’année précédente. Parmi les survivantes interrogées dans les refuges de l’Alberta, 57 % ont indiqué que la violence physique s’était intensifiée.

Face à cette situation, la fondation Broom Tree a structuré son action autour de trois programmes phares. Le premier, le programme Bridges, vise à aider les bénéficiaires à trouver des ressources, qu’il s’agisse de produits alimentaires, de couches ou de possibilités de mentorat au sein même de la fondation. Le second programme est un café à vocation sociale, situé en plein centre de Lacombe, qui emploie des femmes et leur permet de développer des compétences professionnelles. Enfin, le troisième programme offre un logement transitoire aux femmes (et à leurs enfants) en situation d’itinérance.

D’abord entièrement gérée par des bénévoles, la fondation soutient aujourd’hui plus de 400 femmes, sans compter leurs enfants. Si l’équipe est fière de pouvoir répondre à autant de besoins, elle a rapidement été dépassée par l’ampleur de la tâche.

« La vraie difficulté était de devoir tout faire nous-mêmes », explique Tamara Noordhof, cofondatrice et directrice des programmes. « Je n’irais pas jusqu’à dire que nous étions en épuisement professionnel. Après tout, nous sommes passionnées par notre travail, mais c’était très éprouvant. »

La fondation Broom Tree reçoit un financement du FRSC pour soutenir l’expansion de ses activités

C’est là que Donna, Tamara et l’équipe ont découvert le Fonds de relance des services communautaires (FRSC), un investissement de 400 millions de dollars du gouvernement du Canada destiné à soutenir les organismes de bienfaisance et sans but lucratif dans leur relance après la pandémie.

Grâce à cette aide financière, l’équipe a pu engager une agence pour élaborer un plan stratégique de trois à cinq ans pour développer leurs programmes phares, comme la transformation de leur café à vocation sociale en un établissement zéro déchet.

« Ce financement nous a redonné de l’énergie et nous a permis de définir plus clairement notre vision pour l’avenir », explique Tamara.

Un regard tourné vers l’avenir

Pour Tamara, la prochaine étape consiste à recruter une coordinatrice pour le programme de logement transitoire, afin de poursuivre l’expansion de la fondation. L’organisme se prépare aussi à mettre en place des initiatives pour répondre à la question de la sécurité alimentaire dans la communauté.

« Les jeunes mamans et leurs enfants viennent vers nous, simplement pour obtenir de l’aide pour se nourrir », souligne Tamara. « C’est une demande facile à satisfaire, car nous bénéficions de partenariats incroyables, de donateurs généreux, et même de dons alimentaires pour notre café. »

Selon elle, l’augmentation de la capacité de Broom Tree à répondre aux problèmes de sécurité alimentaire est directement liée à l’obtention des fonds du FRSC.

« C’est incroyable », affirme Tamara. « Nous aidons énormément de personnes en situation d’itinérance, et beaucoup d’autres qui ont simplement faim. »