Dans cet article de notre série Les histoires de l’Initiative canadienne pour des collectivités en santé, nous vous racontons comment un investissement de 60 millions de dollars du gouvernement du Canada a aidé des communautés à créer et à adapter des espaces publics pour répondre aux besoins des gens pendant la pandémie de COVID-19.

Depuis 2013, Chantelle Grafton est une passionnée de vélo de montagne. « Quand mon mari m’a acheté mon premier vélo, j’ai tout de suite adoré. Autour de Prince George, il y a de magnifiques sentiers », explique-t-elle, faisant référence à la région autour de chez elle en Colombie-Britannique.

En 2019, Chantelle a eu un accident. Elle s’est cassé le cou au niveau des vertèbres cervicales C1, 2 et 3. « Aujourd’hui, confie-t-elle, je suis tétraplégique et je ne peux faire aucun mouvement fonctionnel en dessous de mes épaules. » 

Grâce aux médias sociaux, elle a pu trouver un fauteuil roulant adapté, qu’elle et son mari ont modifié pour répondre à ses besoins. Elle explique qu’au début, il lui a fallu de grands efforts pour arriver à conduire ce fauteuil, mais qu’elle est maintenant capable de « faire exactement ce [qu’elle] aime faire, avec les mêmes personnes qu’avant ». 

Chantelle explique que le passage à un fauteuil roulant n’est pas simple, car « vous êtes toujours entouré de gens qui veulent vous aider, ce qui en soi est positif, mais en réalité, tout ce que vous voulez, c’est sortir vous promener en nature avec votre animal de compagnie ».

Grâce à son fauteuil adapté, Chantelle a pu continuer de faire du vélo dans certains de ses parcs préférés, en particulier avec le Prince George Cycling Club (PGCC), un groupe de cyclistes inclusif qui fait la promotion de toutes les formes de vélo (route, montagne et ville) en plus d’offrir un réseau social à ses membres en organisant toutes sortes d’événements et d’ateliers.

Canadian Tire, l’University of Northern BC et les Grafton ont versé de l’argent pour l’achat d’un vélo adapté que la communauté peut utiliser en tout temps. De plus, le PGCC a récolté des dons qui ont servi à l’achat d’un porte-vélo pour transporter ce vélo adapté en toute sécurité.

« De nos jours, on cherche de plus en plus à aménager des sentiers pour le cyclisme adapté », explique Bret Hutchinson, directeur du site Pidherny du PGCC. Il existe de nombreux types de vélos adaptés, des tricycles électriques (trikes) aux vélos à main, en passant par les vélos électriques.

Outre l’accès à des sentiers adaptés, le PGCC offre un espace de rencontre pour la communauté, ce qui s’est avéré particulièrement important pendant la pandémie. « À l’âge adulte, il est terriblement difficile de se faire de nouveaux amis », explique Bret. « Il faut des clubs comme celui-ci pour que les gens puissent sortir et rencontrer d’autres personnes qui veulent aussi faire des activités bonnes pour le moral. »

Bret ajoute qu’il arrive que les personnes en situation de handicap se heurtent à des obstacles qui les empêchent de profiter de la nature aussi facilement que les autres. « C’est de là qu’est née cette initiative : aménager plus de sentiers afin que les personnes en situation de handicap puissent accéder plus facilement à la nature », dit-il. 

La transformation des pistes cyclables

Dans l’espoir de rendre le vélo plus accessible, le PGCC (par l’intermédiaire de la Prince George Community Foundation) a demandé un financement à Fondations communautaires du Canada dans le cadre de l’Initiative canadienne pour des collectivités en santé.

Grâce à ce financement, le PGCC a pu réaménager un sentier à Pidherny pour la pratique du cyclisme adapté. Il s’agissait d’élargir le sentier à certains endroits, d’éliminer les flaques d’eau et de régler les problèmes de drainage. Dans les secteurs où il était trop difficile de modifier le sentier, des voies de contournement ont été ajoutées.

Un organisme partenaire, Yellowhead Road and Bridge, a travaillé sur les 700 premiers mètres du sentier, et grâce au financement de l’Initiative canadienne pour des collectivités en santé, le PGCC a pu couvrir les deux derniers kilomètres.

« Je pense que le PGCC joue un rôle important parce qu’il donne aux gens des occasions qui n’existeraient pas autrement », explique Bret Hutchinson. « La communauté que nous soutenons a déjà pas mal de défis à relever. Il n’y a pas beaucoup de gens qui se portent volontaires pour aider cette communauté. C’est triste, mais c’est la réalité. Le financement de l’Initiative canadienne pour des collectivités en santé nous permet de réaliser des projets qui n’auraient jamais vu le jour autrement. »

Selon Chantelle Grafton, les sentiers adaptés sont « une véritable chance parce que pour beaucoup de gens, c’est la première fois qu’ils parcourent un sentier depuis des années. Même si une seule personne en profite, je pense que ça en vaut vraiment la peine. »